Le projet Qhapaq Nan (http://www.qhapaq-nan.org/) consiste à un inventaire géo-photographique de la route des incas. Des photographies sont prises le long de la principale route des incas, nommée Qhapaq Nan, sont géoréférencées et commentées en vue d’une part d’étudier les paysages rencontrés (ruraux, urbains, industriels et naturels) et d’autre part de voir l’usage actuel par les populations locales de la route des incas, en vue éventuellement de promouvoir à nouveau l’utilisation de ce tracé en grande partie oublié.

 

Notre projet, en collaboration avec Sébastien Jallade (historien français) à Lima, a pour but d’aller plus loin dans cette recherche d’identité paysagère autour du chemin des incas, et d’effectuer un travail thématique d’analyse territoriale le long de différents tronçons sur ce chemin entre Cajamarca et Abancay (Pérou). L’objectif est d’évaluer les tronçons du chemin actuellement utilisés par les populations locales, comprendre les logiques de structures villageoises autour de ce chemin, comprendre les dynamiques qui les régissent en fonction des écosystèmes rencontrés, de la topographie, du passé inca… Notre travail se décomposera en deux parties. D’abord sur le terrain de fin septembre à mi-novembre, puis nous aurons ensuite un travail à effectuer à Lima pour étudier de manière spatiale et statistique nos données récoltées durant la période de terrain.

Plus précisément nous avons développé avec Sébastien Jallade une méthodologie d’analyse sur le terrain, qui consiste à identifier des marqueurs territoriaux (ferme isolée, hameau, village ou ville, industrie), des marqueurs spatiaux (type de paysage, topographie, environnement,…), et des marqueurs de connectivité (déplacement de population, flux, nouveau axes de transport en plus du Qhapaq Nan, obstacle physique tel les rivières ou falaises, lien entre connectivité et communautés traditionnelles…). Cette méthode va être utilisée lors de notre analyse sur le terrain.

 

Les Andes correspondent aux montagnes tropicales les plus peuplées du monde. Jusqu’il y a peu, le Qhapaq Nan était largement utilisé par les populations locales car il constituait la principale voie Nord-Sud. Aujourd’hui, suite au développement de grandes villes sur la côte péruvienne, les voyages Nord-Sud dans les Andes sont moins fréquents. De plus, de nouvelles routes goudronnées voient le jour et remplacent le Qhapaq Nan. Ainsi, son utilisation s’est fortement réduite induisant une dégradation voir une disparition du chemin à certains endroits.

Néanmoins, il correspond toujours à un réel axe de communication possédant des enjeux sociaux. Il est très varié, autant d’un point de vue environnemental (écosystèmes, climats, topographie) que d’un point de vue historique. Ce sont ces éléments qui forment la dynamique territoriale actuelle. Notre analyse sur le terrain va être confrontée à cette variété de l’espace géographique, aux complexes sociaux, aux interactions entre la dynamique du chemin et du peuplement. Cette diversité est très intéressante dans notre étude et cela nous motive encore plus pour ce projet, qui rentre tout à fait dans le domaine de nos études de géographie.

 

 

 

Ainsi, notre mission dans le projet "Qhapaq Nan", liée à la géographie et l'histoire inca, permettra de mieux comprendre l'utilisation actuelle de la Grande route inca et d'aider à la redynamisation de celui-ci. Il nous permettra également de perfectionner notre espagnol, de vivre une expérience aventureuse à 2, de s'ouvrir à une toute autre culture, avec ses traditions et ses paysages andins.